Un journal de bord...
"On ne mesure pas sa vie au nombre de respirations qu'on a prises mais au nombre de lieux, de moments qui nous ont coupé le souffle"
Plus de 3 mois que je n'ai pas mis à jour ce site, trop de voyage: plus assez de temps!!
Depuis près de 3 semaines je sillonne l'Irlande avec un groupe d'ados...je vous invite à nous suivre jour après jour, photo après photo en cliquant sur le lien suivant:
Parce que je pense que pour apprécier les voyages il faut avoir un repère, un point de chute, un chez soi, j’ai décidé de montrer là d’où je venais, mon petit village et ses alentours, ma base, rendue belle par tous les souvenirs que j’ai pu y créer au cours des presque 25 dernières années…
Là d’où je viens, ça s’appelle Avrigny, une de ces minuscules communes dont la France conserve le secret sous clé, un clocher et quelques toits entourés de champs, de forêts, de pas grand-chose. Un village au nord de Paris, dans l’Oise, département oublié voire inconnu de la plupart, aucun attrait touristique, peut-être un peu de saveur historique ; mais avant tout, et ce n’est pas rien, mon chez-moi, ce genre d’endroit qu’on doit tous avoir au fond de soi, le genre qui nous serre le cœur chaque fois que l’on voit sa silhouette se dessiner au loin, à chaque fois qu’on y revient…
Ce genre d’endroit qui nous a vu venir, grandir, rire, pleurer, mûrir…quelques soient les dizaines d’endroits où j’ai vécu, quelques soient les centaines de fois où j’en suis partie, j’y reviens toujours avec la même indolence…Je rentre à la maison. Home Sweet Home ; délicieuse home…
Ce matin, tendresse brumeuse et colorée sur les bas-reliefs d’à côté, les pieds dans l’herbe rosée, au chant du coq je me suis levée avec l’idée décidée de montrer à qui est intéressé d’où je venais, journée reportage, journée aux sources, journée chez-moi…
Ambiance délicate d’une matinale rue de la plage, promenade sur les bords de l’Oise, là où passent les péniches, là où nagent les canards…Dans le silence des pas feutrés par la pelouse trop haute et humide, retour sur les rives longuement arpentées il y a quelques années. Parce que j’aime bien cet endroit, peut-être à cause de son nom décalé, du calme projeté par les remous modérés de la rivière vert-algue, peut-être simplement parce que je trouve que cet endroit est apaisant…
Redécouverte de la senlisienne, la royale, ville armure-muraille, je me promène dans ses rues que je fréquentais il y a près de 10 ans lorsque l’insouciance lycéenne me guidait…ballade dans les apparats de la ville d’Hugues Capet, ses étroites rues pavées, son palais et ses flèches tirées vers les cieux bleutés. Puis route vers la terre équidé, sur les traces du Duc de Condé et du château de conte de fées dressé au cœur de la forêt.Admirez!
J'espère que comme moi vous apprenez à apprécier ces départements que nous connaissons mal, régions oubliées des congés payés mais pas moins attachantes, vous le voyez, et tellement plus relaxantes …
Aujourd’hui, mes vacances sont terminées, retour vers la terre oubliée, l’univers highlandais.
L’humidité dominicale grisonnante est bien présente, quelques flocons même tombent sur l’Auvergne maculant les puys d’une douce fraîcheur hivernale. Décidés à ne pas rester calfeutré nous partons à la grimpette du Puy de Pariou, 1200m d’élégance volcanique au sommet desquels la vue sur les hauteurs et les vallées auvergnates est imprenable !
Certes les derniers mètres ont été un peu difficiles, le vent glaçant soufflait au bord du cratère et les rares pèlerins semblaient apprécier timidement le panorama, mais l’effort était mérité, justifié !
Ensuite, au bord d’un virage, pas vraiment caché, pas vraiment montré, un petit coin discret de l’autre côté d’une montagne percée, d’un rocher bleu éventré, Clermont-Ferrand s’étale, s’étend, se pâme sous nos yeux esseulés et admiratifs. Au loin, les flèches de la cathédrale teintée couleur pierre de volvic, couleur locale d’une ville installée dans le creux de la vallée, entourée de sommets.
Tranquillement, arpentant les musées Bargoin et Quilliot, notre dimanche s’est achevé dans les rues clermontoises aux richesses exposées.
Quant aux noms des sommets photographiés…j’attends les informations des spécialistes !
Humeur de gare parisienne un vendredi ensoleillé d’avril, les heures passent et se ressemblent avant qu’enfin je puisse monter à bord du TEOZ qui m’emmène passer quelques jours en Auvergne. L’arrivée à Clermont-Ferrand se teinte d’un camaïeu pourpre, la chaîne des puys se dessinent dans le paysage, tâches sombres sur un coucher de soleil printanier, quelle belle entrée en matière!
Le week-end a commencé par la visite du musée de la céramique à Lezoux, que vous y soyez sensibles ou non, si vous passez par là, allez-y! La visite guidée est intéressante pour tous et le musée vaut le détour!
Par la suite, chaussures de marches aux pieds, direction le Grand Canyon! Croyez moi, l’Auvergne cache des secrets bien gardés, des vallées-aux-merveilles, simplement naturelles et belles…Cherchez ou bien comme moi, laissez-vous guider, peut-être découvrirez-vous les mottes enchantées!
Dans le calme, le paisible, le serein, promenade au gré des chemins plus ou moins tracés, sentiment d’immensité et de vulnérabilité devant une telle beauté, agréable proximité, sensible promiscuité, j’étais déjà impressionnée!
L’après-midi passait, dans les ruelles étroites de Boudes, petit village de charme et de caractère bordé de vignes puis dans le centre-ville d’Issoire et son abbatiale romane ornée de symboles, de motifs colorés et à l’allure quasi-ottomane.
La ballade s’est achevée sur les hauteurs de MontPeyroux, charmant village médiéval où les couleurs vives des volets tranchent harmonieusement avec les vieilles pierres, pendant que le soleil baissait sur les clochers d’Auvergne, encore un peu de quiétude et de sérénité…comme c’est reposant, agréable! Je suis partie là-bas sans montre et j’aurai voulu que le temps s’y arrête, loin du stress, loin du nord, loin du bruit…
Et pour terminer cette belle journée, j’ai dégusté une spécialité du maître Castel, la truffade: tomme fraîche pommes de terres, ail, jambon d’Auvergne! Unique!
Une lueur pastel, fraîche et parfumée de printemps se pâme sur la capitale en ce samedi matin de mars, alors que nous passons le porche de la cour carrée du Louvre, devant nous la pyramide vitrée étincelle dans sa controverse et la place du Carrousel s'habille tranquillement des premiers touristes, invitation à un voyage à travers les siècles...
Telle la machine à remonter le temps, les escaliers du Hall Napoléon nous descendent dans les entrailles de l'ancien palais royal et nous nous dirigeons d'un pas décidé vers l'aile Sully où se trouvent exposés les restes des civilisations orientales, égyptiennes ou encore greco-romaines. Voyage dans le somptueux des salles marbrées, dans les cultures et les traditions passées, voyage dans la stupéfaction qui s'étale et surprend le long des grands couloirs, au détour d'un escalier, d'une fenêtre...
Nous traversons l'antiquité, de l'ère mésopotamienne à l'art étrusque en croisant sphinx et sarcophages puis nous changeons d'époque en partons nous émerveiller devant les restes d'un Louvre moyenageux, le donjon s'élève du sol et cache quelques salles basses où se croisent les ogives, les colonnes et où repose le mystère d'un temps obscure et mytique.
L'après-midi est bien engagée, retour sur la terre, promenade dans le Paris de 2008 direction l'île de la Cité et le parvis de Notre-Dame. Les touristes de tous les horizons s'agglutinent devant la cathédrale, nous entrons, saisis comme chacun chaque fois, par la solenité du lieu, par son imposante majesté. Puis direction la crypte, à quelque pas de la gothique, nous descendons une nouvelle fois dans les racines de Paris, ou plutôt dans un Lutèce gallo-romain de la fin du IIIè siècle résolumment installé sous les pavés du parvis. Nouveau voyage à l'époque des invasions germaniques, dans l'avant Clovis, à l'époque où Paris n'était pas encore Paris et n'était surtout pas encore la capitale d'une France qui n'existait pas!
Ainsi, la journée s'est achevée et avec elle l'escapade parisienne, dans les profondeurs de la gare de lyon, les RER chargés de supporters bleus et rouges ont fini par m'emmener attendre un train à la gare du nord...retour dans la vie réelle, dans le Paris puant et gris de la RATP!
Debout trop tôt, la ville paresse dans une torpeur propre aux jours gris, jours de pluie,hier l'Auvergne a retrouvé Glasgow à Paris, on part visiter...mais tout est encore fermé!Tant pis, café?!
Un étage, puis deux, puis 56, les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur une brume parisienne blanchâtre, tout semble endormi, calme, paisible, Paris? vous êtes sûrs?! A chaque pas, découverte d'un des symboles de notre capitale, à droite le Sacré-Coeur, à gauche l'Arc de Triomphe, devant nous la Tour Eiffel, des hauteurs du MontParnasse, nous admirons et devinons ce qui fait venir les touristes si haut dans les nuages...Paris la légendaire, la mythique, et nous! 59ème étage, le vent souffle fort, la brume ne se dissipe pas...continuons!
Escaliers interminables, couloirs sans fin, nous nous enfonçons dans les profondeurs métropolitaines direction le Jardin des Plantes et plus particulièrement le Musée d'Histoire Naturelle! Ballade près des parterres sans couleur, des arbres centenaires sans feuille...et le printemps alors? il pleut! Croyez moi ou pas mais j'ai visité le musée de la paléontologie et malgré ma profonde ignorance en la matière, je me suis bien amusée! C'était...surprenant! Cela dit, ce musée a besoin de retrouver une nouvelle jeunesse, un coup de plumeau ne ferait pas de mal!Mais c'était sympa!
Nous avons continué notre promenade souterraine jusqu'à la place des Invalides.Visite de la pompeuse église du Dôme: ses marbres, ses colonnes, ses dorures, tout est prestige, gloire et richesse...souvenir d'une France impériale révolue figée dans la démesure à l'image du tombeau de Napoléon III, impressionnant malgré tout! Et puis visite du musée de l'armée, promenade dans les deux guerres, introspection sur la défaite de 1870, avancée pas à pas dans les pourquoi? les comment? les oh secours... Je pense que chacun peut trouver son compte dans ses salles: les armes, les textes, les tenues, les récits populaires...à chacun son chemin pour comprendre. Malheureusement, les portes se referment trop tôt!
Les gouttes de pluie battent le pavé, courons, réfugions-nous dans un endroit un peu trop standing pour nous mais qu'importe! La lumière se fait belle, les nuages s'effacent et la ville se dore, nous marchons sur les quais inondés jusqu'à l'embarquadère envahit pas des japonais (ou chinois?!) et partons voguer sur une Seine en crue au coucher du soleil. Le bateau-mouche avance doucement, les monuments fatigués étalent toute leur prestance devant les flashs admiratifs compulsifs et puis le soleil tombe et empourpre les pierres usées. Le vent souffle, la Tour Eiffel clignote, le bateau retrouve le quai inondé et la ballade se termine à pieds sur les Champs-Elysées...
Après quelques heures à longer la South Coast, un virage et "Welcome to Paradise!" Avis à toutes les mauvaises langues, tous ceux qui font des préjugés des vérités, à tous ceux qui parlent sans savoir, à tous ceux qui n'ont "même pas envie d'y aller", vous ratez quelque chose!
Certes en Angleterre il pleut pas mal, comme en Normandie, comme à Paris, moins qu'à Glasgow! Mais quand vous croisez un rayon de soleil alors tout s'illumine, des champs de toutes les teintes à perte de vue, des falaises sublimes, une mer turquoise, des paysages à vous couper le souffle, des villages médiévaux classés au patrimoine mondiale, des criques et puis des collines et...oh j'adore cette région! Je ne m'en lasse pas! Malgré trois étés à patauger dans la boue, chaque fois c'est la même chose! Ce sentiment d'être chez soi, reconnaître les gens, être reconnu, les rues, les chemins qu'on croit connaître par coeur et les nouveaux qu'on découvre!
Allez-y, qu'attendez vous? Traversez la Manche, partez vous promener dans les ruelles de la côte sud-ouest, vous ne le regretterez pas...Bon voyage!!
Ce glacial week-end de Paques, je suis venue me perdre dans le Sud-Est de l'Angleterre, de Brighton à Hasting en passant par Eastbourne, j'ai longé la côte sous la neige! Que je vous raconte! Ici on trouve des falaises de calcaires impressionnantes, des plages immenses, des champs et des prés à perte de vue, des vagues énormes et des jetées ornées de guirlandes! Ici aussi on trouve la campagne anglaise et tranquille: des maisons aux toits de chaumes et des villages aux noms qui me font rêver comme "peacehaven" ou "seaford"...j'ai retrouvé la Manche!
Et puis ce matin, visite -glaciale et enneigée!- du site de la bataille d'Hastings! Mes années de fac, mes heures de recherches...tout cela récompensé par la découverte de ce site incroyablement émouvant pour tous les férues d'histoire! Replonger au XIè siècle, revivre les mémoires de Guillaume et d'Harold, se promener dans les plaines qui ont vues une des plus importantes batailles de l'Europe se dérouler il y a près d'....un millénaire! Une question reste en suspend: pourquoi je ne suis pas venue ici avant?! Quoi qu'il en soit, c'est chose faîte et ça valait le détour jusqu'ici!
A demain, dans le Dorset, sous le soleil, j'espère
Ps: Je n'ai pas rencontré les cloches ni les oeufs en chocolat, quelle drole d'idée d'être partie ici ce week-end!
Ceux qui suivent ce journal de voyage depuis le début doivent commencer à connaître l'Ecosse sur le bout des doigts! Des îles oubliées aux villes royales, des montagnes enneigées aux plaines colorées, des châteaux hantés aux lochs habités! Mais vous avais-je déjà montré la vallée de Glencoe? Je ne crois pas...suivez-moi!
Glencoe c'est...indéfinissable (dixit celle qui perd son vocabulaire français!), en fait, c'est appolo 13 sur la Terre, les alpes traversées par la route 66, mars, la réserve naturelle du connemara avec des monts d'auvergne, c'est quelque chose comme ça! Une route unique (challenge! Combien de routes équivalentes à nos départementales traversent l'Ecosse? Je dirai ...15?!), un filet de bitûme qui traverse la vallée, de chaque côté poussent des montagnes qui du fait de l'altitude 0 de la route semblent prêtes à toucher le ciel, les nuages, la couche d'ozone, le soleil et Mars! Des montagnes enneigées sur un versant, rouge poudré sur un autre, une vallée verte fluo qui vire au orange-terres-brulées au premier virage...
La vallée de Glencoe c'est des lochs, peu de ponts, de la tourbe à perte de vue, c'est un vide remplit par la nature, c'est des cascades, des rapides, la rivière Isère projeté dans le Bush autralien! La vallée de Glencoe c'était ce jour là une sorte de "peu neu neu attitude" sous un soleil chaud, dans une fiesta noir avec Bob et Roméo et c'était aussi la route du retour, celle de la fin du voyage...
C'était bien! Un peu de bonheur, beaucoup de beauté, pas mal d'amitié et puis l'immensité!
Dimanche, ciel grisâtre, atmosphère humide, routes glissantes...Traversée d'Inverness à la recherche d'un petit déjeuner hyper caféiné et puis c'est reparti! La Black Isle au nord de la ville, quelques averses, quelques rayons de soleil, et puis finalement Tain et un vrai bel arc-en-ciel! Le soleil nous a suivi dans les montées et les descentes des sommets de l'East coast, transformant sur notre passage les plus beaux paysages en images étincelantes. C'était beau...
Route unique et abîmée, forêts ensorcelées, champs colorés, prairies abandonnés, maisonnettes paumées et plages oubliées, c'est un peu ça le nord de l'Ecosse! Jusque Golspie puis Dunrobin Castle nous avons suivis les itinéraires fléchés pour nous perdre au bout du monde, là où, finalement, plus grand chose n'a d'importance! Tout est immense, tout est émouvant, tout est différent et puis le silence, l'éternité, c'est un peu comme si on changeait de planète ou de système solaire pour se retrouver là où la civilisation à oublié d'aller...un château s'est réfugié au bout d'une allée, des croisées d'ogives et des vieilles pierres, quelques sculptures et puis des escaliers-rubans qui se se promènent le long des murs et ne mènent nulle-part; c'est différent, c'est bien, c'est calme!
Mais le voyage ne s'arrête pas là, traversant d'est en ouest la péninsule nord écossaise, surpris au détour d'un virage par d'immenses cascades, par un château oublié, par une ligne de chemin de fer désertée, nous sommes finalement arrivés à Ullapool.
Un village portuaire, incrusté dans la vallée, de l'autre côté des montagnes, simple lieu de passage pour les quelques allumés qui ont eu le projet de traverser la mer pour rejoindre les îles d'Harris et de Lewis (cf messages d'il y a environ 1 an!). Aujourd'hui, le port est fermé, pas de ferry en partance, la ville s'est enfouie dans son humidité statique, immobile de pesanteur, vidée de son oxygène, Ullapool est livide, blême...on repart.
Traversée de gorges saisissantes, route bordées de ravins, de lochs, de rien, d'un vide qu'on ne trouve qu'ici, on suit la ligne bitumée (presque partout!) où se découpe les fameuses "passing places" pour le cas où on croiserait quelqu'un (ça arrive, parfois!)! Une montagne, une autre, le lacet se perd dans les sommets bordant cette côte mal dessinée; le soleil se couche tranquillement plongeant pour la dernière fois du jour (du mois?!) l'Ecosse dans une délicate torpeur rosâtre-violacée-orangée-rougeoyante...Ouah!Et puis enfin Gairloch! Le phare et puis...c'est là le bout du monde?! (encore?!!)
L'Ecosse, le nord de l'Ecosse, c'est un peu ça, aux confins du monde, se cachent plein de bouts du monde, de terres où l'on a un peu cette émouvante sensation d'être le premier à y poser le pied, d'endroits où tout semble s'être arrêté -voire même n'avoir jamais démarré- même le temps file dans une proportion unique...qu'en est-il des boussoles?! Ne vous y fiez pas! Suivez votre instinct, il vous guidera vers cette éternité made in Scotland by Scots!
Quelques rayons de soleil éclairent à travers les rideaux, il est tôt, les oiseaux gazouillent dans la goutière, j'ouvre les yeux et...oui! Ca y est, c'est aujourd'hui qu'on prend la route pour le Nord de l'Ecosse!!
Sous le soleil donc, filant sur des routes invraisemblables faîtes de virages, de côtes et de nids de poules, les kilomètres se sont enchaînés à raison de paysages sublimes, de lochs-miroirs, de montagnes enneigées et de vallées verdoyantes sous une lumière sensationnelle!
Traversant les trossachs jusque Glencoe-l-incroyable, Longeant la scintillante West Coast de Fort William à Kyle of Lochalsh, Traversant le pont de l'île de Skye, surprenant les cascades et les cerfs sans effrayer les moutons civilisés, nous sommes finalement arrivés sur les bords du Loch Ness, cherchant Nessie dans la pénombre mais ne distinguant que l'Urquhart Castle brillant et palpitant sur les rives endormies! Cannich et son mushroom nous sont enfin apparus après une longue journée à s'émerveiller devant l'Ecosse des sentiers oubliés, devant les terres perdues, les landes solitaires et les no man's lands sublissimes où l'infini s'étendait simplement là, à nos pieds!L'Ecosse...Ouah!!
Continuant le périple 'highlandais', nous nous sommes installés dans un pub moquetté de tartan, décoré de whisky et agrémenté d'airs de cornemuse...plus localo-touristico-démago, pas possible! Goûtant les plats traditionnels: le saumon pêché par le voisin, le haggis liquoré en s'abreuvant de la volvic locale, nous avons eu le droit à un cours donné par l'encyclopédie du Whisky vivante à savoir le patron de l'auberge la plus fréquentée par les français possédant le guide du routard écossais!!! Inégalable et fortement recommandable, évidemment! Contactez Jon Beach à Drumnadrochit -Dreumnadrrrrôkit- et allez goûter l'eau du loch le plus célèbre d'Ecosse au "Fiddler's", Fun garanti!
Peut-être que comme moi vous rêvez de découvrir l'Océanie, si vous n'en rêvez pas encore allez faire un tour sur ce site:
www.nathy.kikooboo.com, une de mes amies parcourt l'Australie depuis plusieurs mois et ses photos valent la peine d'être vues! Allez-y!
Nat, continue de nous faire vivre ton aventure par procuration!! Et comme il faut garder espoir, c'est sur, un jour, je m'envolerai aussi pour l'autre côté de la planète!
En attendant, je glisse quelques-unes de ses photos dans ce message!
Ce dimanche, dans un vent glacial, les français affluaient à Edimbourg! Il fallait bien supporter l'équipe nationale, non?
Grâce à Bob (ma coloc auvergnate, cf précédents messages/photos), j'ai découvert l'ambiance d'un match de rugby et pas des moindres puisqu'il s'agissait d'un match du tournoi des 6 nations, France Vs Ecosse à Murrayfield!
La France a gagné, on était glacé mais on a bien rigolé, ça valait la peine! Merci Audrey...(et merci Alex!)
NB: Les écossais sont mauvais joueurs (ou mauvais perdants!)
Retour au coeur de l'hiver ecossais: tempete, averses de greles et autre pluies glaciales...
A vous de voir!
Quelqu'un peut-il me rappeler pourquoi j'ai choisi l'Ecosse????
-Si le type du service clientèle avait été de bonne humeur, de bonne constitution, sympathique, compréhensif…
-Si j’avais pleuré ( ?), crié, fait un sitting, exigé qu’on me laisse monter à bord
-Si et si et si…
Peut-être qu’on n’aurait pas raté l’avion pour rentrer de Francfort lundi soir.
Peut-être qu’on n’aurait pas eu envie de crier que c’était injuste
Peut-être qu’on n’aurait pas eu à se ruiner pour repayer un billet d’avion et une nuit d'hôtel
Peut-être qu’on n’aurait pas eu à faire une nuit blanche de peur de ne pas se réveiller
Peut-être qu’on n’aurait pas eu à aller jusqu’à Londres pour pouvoir rentrer à Glasgow
Peut-être que si on n’était pas passé par Londres je n’aurai pas du mettre mon bagage à main en soute
Peut-être que si mon bagage n’était pas allé en soute mes gâteaux au pain d’épices n’auraient pas été écrasés !
Peut-être qu’on n’aurait pas eu à rater une journée de travail
Peut-être qu’on ne serait pas arrivé à Helensburgh en début d’après-midi, mardi
Peut-être que j’aurai été moins épuisée, moins enrhumée,
Peut-etre que je n'aurai pas vu un magnifique lever de soleil a Londres!
Peut-être que et peut-être que et peut-être que…
C’est quand même dommage qu’une excursion aussi agréable se transforme en cauchemar, nuit blanche, fatigue démesurée…pour un mauvais timing d’une ou deux minutes. Et les événements s’enchaînent, et la vie continue… !!
J’ai visité des villes qui avaient du caractère, des villes charmantes, des villes où je me suis sentie chez moi, des belles villes, des villes où je me suis sentie mal à l’aise, des villes cachées, des villes animées, des villes moches, des villes historiques, des villes abîmées, des villes que j’ai aimé et d’autres qui m’ont dérangée, des villes modernes, des villes anciennes, des villes froides, des villes chaleureuses, des villes accueillantes, des villes qui m’ont fait détester les villes, des villes ivres, des villes enivrantes, des villes intéressantes, des villes décevantes…Francfort m’a semblé être une ville différente.
Sous le soleil de lundi (et oui, ça existe !), découverte de la capitale Hessienne. La ligne de train longe le Main, s’arrête brusquement pour laisser entrevoir toute la splendeur des immenses buildings brillants. Alors c’est donc ça Francfort ? Ces grattes-ciels miroirs de la cité économique prospère, la bourse et la banque centrale européenne, le siège des grandes entreprises, les magasins de luxes. On marche dans une grande avenue en travaux où les enseignes semblent bizarrement juxtaposées et puis on arrive sur une place, au premier abord, une place quelconque : des arbres qui perdent leur feuillage, un semblant de pelouse, quelques pavés pour prolonger l’esplanade…et lorsque l’on lève la tête, on se sent très petite ! Mon mètre soixante-dix n’a pas d’égal avec ses tours immenses, dont la plus haute (d’Europe) frôle les 260 mètres de haut (à environ 2m par étage, je vous laisse faire le calcul !). Je repense alors à la sensation de vertige et de domination ressentit 3 jours plus tôt lorsque perchée sur le toit de Cologne, à la 509è marche de la cathédrale, j’atteignais les 97 mètres d’altitude… Il y aura sans doute toujours des gens que ces buildings dérangeront, moi je les ai aimés, j’ai aimé marcher la tête en l’air (comme s’ils cachaient un secret tout là haut !), j’ai été fascinée par la prestance de ces constructions ultra-modernes et par l’intelligence urbanistique de cette ville. On continue d’avancer, on passe devant la banque centrale européenne si fière d’arborer son gigantesque « euro » en plastique, évidence, après avoir visité pas mal de grandes cités européennes et avoir discuté avec de nombreuses nationalités de notre récente « citoyenneté européenne », je ne vois pas un autre lieu où on aurait pu installer les finances de notre union. Et puis finalement, au détour d’une rue qui nous a semblé être une impasse perdue, le vieux centre et la fameuse place de Römerberg, secrète, cachée et accueillante, voici les centaines de petits chalets désormais familiers qui s’étalent devant nos yeux, sous l’égide pragmatique de plusieurs richesses architecturales au passé imposant. Tout d’abord le Rahaus (hotel de ville) qui rappelle les bâtisses praguoises malgré la couleur rosée de son grès, ensuite l’église Saint-Nicolas au toit d’ardoises et aux 35 timbres de cloche et puis les sublimes maisons à colombages datant du début du XVIème siècle. C’est ici que furent organisées les toutes premières foires « européennes », plaque tournante des marchands et autres voyageurs depuis que ce (sacré) Charlemagne ait eu (ou se soit approprié) l’idée merveilleuse d’offrir un lieu de rassemblement à tous les marchands ambulants de son empire, à tous ces mercenaires de la culture qui ont dispensés leurs savoirs, leurs fabriques, les spécialités de leur région un peu partout en Europe grâce à ces foires ! Saisissant…Surtout quand on connaît l’importance de la Vallée du Rhin et plus particulièrement de Francfort à la renaissance, berceau des cultures, des mélanges, à mi-chemin entre la renaissance italienne, flamande et française…que d’émotions dans ces lieux chargés de passage, sur ces pavés qui ont vu passer tant de voyageurs à travers les siècles et cette place sans qui l’Europe ne serait peut-être pas ce qu’elle est aujourd’hui ! Le marché de noël était quant à lui très agréable (comme tous), seulement, après la foule de samedi à Cologne, quel plaisir de pouvoir se promener, flâner, prendre son temps et apprécier toute la magie sans être bousculé de toutes parts ! Autre curiosité du centre historique, la Cathédrale St Barthélémy, qui, étrangement n’a jamais été le siège d’un évêché mais doit son « titre » au nombre impressionnant d’empereurs qui y ont été couronnés. Plusieurs édifices ont été construits, reconstruits, démolis, etc., sur ce site mais l’un d’eux a accueillit le concile de 794 puisque qu’un palais carolingien avait été bâtit juste à côté, ensuite en 1562,la « bulle d’or » (acte constituant le St Empire Romain Germanique) décida d’en faire son site privilégié pour les couronnements de 16 des 23 empereurs. Cette cathédrale est sublime de clarté, de lumière. Impressionnant, j’avais souvenir d’autres édifices religieux en grès rose beaucoup plus sombres, mais cet immense ensemble est harmonieux et lumineux.
Voilà donc une petite promenade dans Francfort, j’ai appris que 95% de la ville avait été détruit pendant la seconde guerre mondiale et je pense qu’on ne peut qu’admirer le brio de la reconstruction. Ce séjour en Allemagne se termine, mais restera un bon souvenir de découverte et de mise en image de mes études d’histoire ! La dernière touche à été moins heureuse (cf message suivant) mais le voyage n’en est pas gâché pour autant, je ne connaissais pas bien le pays, je ne parle pas du tout la langue, une sorte de répulsion (sans doute liée à cette langue aux accents sévères, à une image stéréotypée et formatée due à trop de films sur la seconde guerre, etc…)pour cet état semble être présente chez nombre de personnes, ce voyage a remis en cause des préjugés que je pensais ne pas avoir, j’en suis heureuse ! Le fait d’avoir pris le temps, d’avoir avancé sans trop savoir où on allait nous a permis de découvrir quelques coins cachés, quelques particularités, nombreuses richesses et je vous invite tous à monter un jour ou l’autre dans le thalys !
Ce matin réveil difficile, par la fenêtre perce un ciel maussade, course entre les gouttes de pluie...Qu'à cela ne tienne! La bonne humeur en bandoulière, le sourire à l'intérieur et la motivation par-dessus tout! Avant-dernier jour en Allemagne, profitons-en! Qui plus est après 18 mois en Ecosse la pluie ne me fait plus peur, le vent c'est monnaie courante et le ciel gris fait partie du décor! Après quelques cafés, en route donc, pour Heidelberg. Rien de simple, je vous passe les profondes lamentations devant cet automate qui refusait de vendre les billets de train, les guichets fermés et la contrôleuse qui essaye vainement de m'expliquer dans une langue tout droit venue de Pluton que mon billet n'est pas valable pour ce train -ce que je sais déjà. Bref, Offenbach, Francfort, Mainnheim et enfin Heidelberg. Je n'y croyais plus!
Heidelberg, ça sonne comme un poème! Berceau du romantisme, nombres de poètes, écrivains, peintres, philosophes en mal d'inspiration ont arpenté les rues de la charmante, le "chemin des philosophes" fût le témoin des réfléxions de Goethe et les allées médiévales ont pû apprécier le génie de Brahms...j'étais conquise, impatiente de découvrir celle que l'on présente comme la plus jolie ville du sud de l'Allemagne- ce qui est très certainement le cas mais que je n'ai pas vraiment eu le loisir de vérifier!
Sortie de la gare, la pluie est glaciale, le ciel menaçant, nous avons longuement, très longuement arpenté des rues "hors plan" et la motivation a commencer à se dissoudre dangereusement "j'ai froid-j'ai faim-j'ai mal à la tête-j'suis fatiguée-quand est ce qu'on arrive?..." NON!!! Cela dit, nous étions bel et bien perdues au beau milieu d'une zone industrielle grise (qui aurait aussi bien pû se trouver au fin fond de la profonde Russie perdue au bout du monde), désertique en ce dimanche de décembre, le nez rougi par le froid,il pleuvait, le vent soufflait et semblait chercher à nous faire jouer un remake de Mary Poppins, et le "hors plan" avait quelque chose d'assez désespèrant!
Lorsque enfin nous avons passé les portes du vieux centre, nous avons découvert Heidelberg, le marché de noël encore et toujours plus beau que les autres, les illuminations et les odeurs de gauffres...Le château scintillant magistralement au dessus de nos têtes. Ici, au coeur des montagnes noires et de la forêt assortie, la charmeuse s'est révélée ensorceleuse! Nous avons longé les rives du Nektar et le divin est apparu! L'harmonieuse ville était là, le vieux pont et ses statues, les églises enrobées se conjuguant aux tavernes animées, les sapins embaumeurs aux patisseries aguicheuses...On s'était perdu et l'Allemagne nous a retrouvé! Jolie promenade, le froid vivifiant, la pluie a enfin cessé et le ciel marine s'est éclairé. Le temps est passé trop vite, déjà le caroussel fredonne au loin, les badauds continuent de siroter leur chocolat chaud en grignotant des cacahuètes caramélisées, les illuminations disparaissent et le train s'enfonce dans un paysage invisible en bercant les âmes fatiguées...
Heidelberg,Francfort, Offenbach, nous voici rentrées, un petit peu l'impression d'avoir raté la journée, d'avoir gâché le peu de temps que l'on avait, mais au fond, l'Allemagne c'est aussi ça, les artères déshumanisées, les zones industrielles moches, les fils électriques pas enterrés, les rues en travaux, même la plus romantique des villes n'y échappe pas, cette partie qu'on ne montre pas aux touristes, cette zone cachée par un "hors plan" voisine de la jolie place pavée décorée de vert, de rouge et de doré, parfumée et animée; après tout, on a marché, on a rigolé, on s'est remotivé et puis on est rentré fatigué, peut-être un peu enrhumé mais contente de notre journée. Heidelberg restera très certainement dans la mémoire des protagonistes autre chose que la mignonette médiévale où les plus brillants artistes ont révélé leur talent, autre chose que la charmeuse endimanchée pour s'imprégner de la magie hivernale mais elles ne l'oublieront pas!
Ce fût une belle journée à Köln, un doux soleil d'hiver posait sur la ville une lumière agréable. Ballade aux sons des cantiques de Noël entre les châlets, le long des ruelles pavées...
La magie de Noël à l'heure allemande!Découverte du marché médiéval, très amusant et puis du musée du chocolat Lindt et de sa boutique...Oh mon Dieu!!! Mes soeurs vous allez vous régaler! Toutes sortes de chocolat, sous toutes les formes, dur de résister!!
Agréable donc, de se promener sous le soleil, température douce et ciel bleu! Beaucoup de monde cependant en ce samedi; et ensuite un voyage assez long en train jusque Offenbach (ça sonne bien, non?) au sud de Francfort, où nous passerons les deux prochaines nuits...jusque lundi soir, le retour en Ecosse! Mais pour le moment n'y pensons pas...prenons le temps, quel est le programme demain?!