Un journal de bord...
"On ne mesure pas sa vie au nombre de respirations qu'on a prises mais au nombre de lieux, de moments qui nous ont coupé le souffle"
Parce que je pense que pour apprécier les voyages il faut avoir un repère, un point de chute, un chez soi, j’ai décidé de montrer là d’où je venais, mon petit village et ses alentours, ma base, rendue belle par tous les souvenirs que j’ai pu y créer au cours des presque 25 dernières années…
Là d’où je viens, ça s’appelle Avrigny, une de ces minuscules communes dont la France conserve le secret sous clé, un clocher et quelques toits entourés de champs, de forêts, de pas grand-chose. Un village au nord de Paris, dans l’Oise, département oublié voire inconnu de la plupart, aucun attrait touristique, peut-être un peu de saveur historique ; mais avant tout, et ce n’est pas rien, mon chez-moi, ce genre d’endroit qu’on doit tous avoir au fond de soi, le genre qui nous serre le cœur chaque fois que l’on voit sa silhouette se dessiner au loin, à chaque fois qu’on y revient…
Ce genre d’endroit qui nous a vu venir, grandir, rire, pleurer, mûrir…quelques soient les dizaines d’endroits où j’ai vécu, quelques soient les centaines de fois où j’en suis partie, j’y reviens toujours avec la même indolence…Je rentre à la maison. Home Sweet Home ; délicieuse home…
Ce matin, tendresse brumeuse et colorée sur les bas-reliefs d’à côté, les pieds dans l’herbe rosée, au chant du coq je me suis levée avec l’idée décidée de montrer à qui est intéressé d’où je venais, journée reportage, journée aux sources, journée chez-moi…
Ambiance délicate d’une matinale rue de la plage, promenade sur les bords de l’Oise, là où passent les péniches, là où nagent les canards…Dans le silence des pas feutrés par la pelouse trop haute et humide, retour sur les rives longuement arpentées il y a quelques années. Parce que j’aime bien cet endroit, peut-être à cause de son nom décalé, du calme projeté par les remous modérés de la rivière vert-algue, peut-être simplement parce que je trouve que cet endroit est apaisant…
Redécouverte de la senlisienne, la royale, ville armure-muraille, je me promène dans ses rues que je fréquentais il y a près de 10 ans lorsque l’insouciance lycéenne me guidait…ballade dans les apparats de la ville d’Hugues Capet, ses étroites rues pavées, son palais et ses flèches tirées vers les cieux bleutés. Puis route vers la terre équidé, sur les traces du Duc de Condé et du château de conte de fées dressé au cœur de la forêt.Admirez!
J'espère que comme moi vous apprenez à apprécier ces départements que nous connaissons mal, régions oubliées des congés payés mais pas moins attachantes, vous le voyez, et tellement plus relaxantes …
Aujourd’hui, mes vacances sont terminées, retour vers la terre oubliée, l’univers highlandais.
L’humidité dominicale grisonnante est bien présente, quelques flocons même tombent sur l’Auvergne maculant les puys d’une douce fraîcheur hivernale. Décidés à ne pas rester calfeutré nous partons à la grimpette du Puy de Pariou, 1200m d’élégance volcanique au sommet desquels la vue sur les hauteurs et les vallées auvergnates est imprenable !
Certes les derniers mètres ont été un peu difficiles, le vent glaçant soufflait au bord du cratère et les rares pèlerins semblaient apprécier timidement le panorama, mais l’effort était mérité, justifié !
Ensuite, au bord d’un virage, pas vraiment caché, pas vraiment montré, un petit coin discret de l’autre côté d’une montagne percée, d’un rocher bleu éventré, Clermont-Ferrand s’étale, s’étend, se pâme sous nos yeux esseulés et admiratifs. Au loin, les flèches de la cathédrale teintée couleur pierre de volvic, couleur locale d’une ville installée dans le creux de la vallée, entourée de sommets.
Tranquillement, arpentant les musées Bargoin et Quilliot, notre dimanche s’est achevé dans les rues clermontoises aux richesses exposées.
Quant aux noms des sommets photographiés…j’attends les informations des spécialistes !
Humeur de gare parisienne un vendredi ensoleillé d’avril, les heures passent et se ressemblent avant qu’enfin je puisse monter à bord du TEOZ qui m’emmène passer quelques jours en Auvergne. L’arrivée à Clermont-Ferrand se teinte d’un camaïeu pourpre, la chaîne des puys se dessinent dans le paysage, tâches sombres sur un coucher de soleil printanier, quelle belle entrée en matière!
Le week-end a commencé par la visite du musée de la céramique à Lezoux, que vous y soyez sensibles ou non, si vous passez par là, allez-y! La visite guidée est intéressante pour tous et le musée vaut le détour!
Par la suite, chaussures de marches aux pieds, direction le Grand Canyon! Croyez moi, l’Auvergne cache des secrets bien gardés, des vallées-aux-merveilles, simplement naturelles et belles…Cherchez ou bien comme moi, laissez-vous guider, peut-être découvrirez-vous les mottes enchantées!
Dans le calme, le paisible, le serein, promenade au gré des chemins plus ou moins tracés, sentiment d’immensité et de vulnérabilité devant une telle beauté, agréable proximité, sensible promiscuité, j’étais déjà impressionnée!
L’après-midi passait, dans les ruelles étroites de Boudes, petit village de charme et de caractère bordé de vignes puis dans le centre-ville d’Issoire et son abbatiale romane ornée de symboles, de motifs colorés et à l’allure quasi-ottomane.
La ballade s’est achevée sur les hauteurs de MontPeyroux, charmant village médiéval où les couleurs vives des volets tranchent harmonieusement avec les vieilles pierres, pendant que le soleil baissait sur les clochers d’Auvergne, encore un peu de quiétude et de sérénité…comme c’est reposant, agréable! Je suis partie là-bas sans montre et j’aurai voulu que le temps s’y arrête, loin du stress, loin du nord, loin du bruit…
Et pour terminer cette belle journée, j’ai dégusté une spécialité du maître Castel, la truffade: tomme fraîche pommes de terres, ail, jambon d’Auvergne! Unique!
Une lueur pastel, fraîche et parfumée de printemps se pâme sur la capitale en ce samedi matin de mars, alors que nous passons le porche de la cour carrée du Louvre, devant nous la pyramide vitrée étincelle dans sa controverse et la place du Carrousel s'habille tranquillement des premiers touristes, invitation à un voyage à travers les siècles...
Telle la machine à remonter le temps, les escaliers du Hall Napoléon nous descendent dans les entrailles de l'ancien palais royal et nous nous dirigeons d'un pas décidé vers l'aile Sully où se trouvent exposés les restes des civilisations orientales, égyptiennes ou encore greco-romaines. Voyage dans le somptueux des salles marbrées, dans les cultures et les traditions passées, voyage dans la stupéfaction qui s'étale et surprend le long des grands couloirs, au détour d'un escalier, d'une fenêtre...
Nous traversons l'antiquité, de l'ère mésopotamienne à l'art étrusque en croisant sphinx et sarcophages puis nous changeons d'époque en partons nous émerveiller devant les restes d'un Louvre moyenageux, le donjon s'élève du sol et cache quelques salles basses où se croisent les ogives, les colonnes et où repose le mystère d'un temps obscure et mytique.
L'après-midi est bien engagée, retour sur la terre, promenade dans le Paris de 2008 direction l'île de la Cité et le parvis de Notre-Dame. Les touristes de tous les horizons s'agglutinent devant la cathédrale, nous entrons, saisis comme chacun chaque fois, par la solenité du lieu, par son imposante majesté. Puis direction la crypte, à quelque pas de la gothique, nous descendons une nouvelle fois dans les racines de Paris, ou plutôt dans un Lutèce gallo-romain de la fin du IIIè siècle résolumment installé sous les pavés du parvis. Nouveau voyage à l'époque des invasions germaniques, dans l'avant Clovis, à l'époque où Paris n'était pas encore Paris et n'était surtout pas encore la capitale d'une France qui n'existait pas!
Ainsi, la journée s'est achevée et avec elle l'escapade parisienne, dans les profondeurs de la gare de lyon, les RER chargés de supporters bleus et rouges ont fini par m'emmener attendre un train à la gare du nord...retour dans la vie réelle, dans le Paris puant et gris de la RATP!
Debout trop tôt, la ville paresse dans une torpeur propre aux jours gris, jours de pluie,hier l'Auvergne a retrouvé Glasgow à Paris, on part visiter...mais tout est encore fermé!Tant pis, café?!
Un étage, puis deux, puis 56, les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur une brume parisienne blanchâtre, tout semble endormi, calme, paisible, Paris? vous êtes sûrs?! A chaque pas, découverte d'un des symboles de notre capitale, à droite le Sacré-Coeur, à gauche l'Arc de Triomphe, devant nous la Tour Eiffel, des hauteurs du MontParnasse, nous admirons et devinons ce qui fait venir les touristes si haut dans les nuages...Paris la légendaire, la mythique, et nous! 59ème étage, le vent souffle fort, la brume ne se dissipe pas...continuons!
Escaliers interminables, couloirs sans fin, nous nous enfonçons dans les profondeurs métropolitaines direction le Jardin des Plantes et plus particulièrement le Musée d'Histoire Naturelle! Ballade près des parterres sans couleur, des arbres centenaires sans feuille...et le printemps alors? il pleut! Croyez moi ou pas mais j'ai visité le musée de la paléontologie et malgré ma profonde ignorance en la matière, je me suis bien amusée! C'était...surprenant! Cela dit, ce musée a besoin de retrouver une nouvelle jeunesse, un coup de plumeau ne ferait pas de mal!Mais c'était sympa!
Nous avons continué notre promenade souterraine jusqu'à la place des Invalides.Visite de la pompeuse église du Dôme: ses marbres, ses colonnes, ses dorures, tout est prestige, gloire et richesse...souvenir d'une France impériale révolue figée dans la démesure à l'image du tombeau de Napoléon III, impressionnant malgré tout! Et puis visite du musée de l'armée, promenade dans les deux guerres, introspection sur la défaite de 1870, avancée pas à pas dans les pourquoi? les comment? les oh secours... Je pense que chacun peut trouver son compte dans ses salles: les armes, les textes, les tenues, les récits populaires...à chacun son chemin pour comprendre. Malheureusement, les portes se referment trop tôt!
Les gouttes de pluie battent le pavé, courons, réfugions-nous dans un endroit un peu trop standing pour nous mais qu'importe! La lumière se fait belle, les nuages s'effacent et la ville se dore, nous marchons sur les quais inondés jusqu'à l'embarquadère envahit pas des japonais (ou chinois?!) et partons voguer sur une Seine en crue au coucher du soleil. Le bateau-mouche avance doucement, les monuments fatigués étalent toute leur prestance devant les flashs admiratifs compulsifs et puis le soleil tombe et empourpre les pierres usées. Le vent souffle, la Tour Eiffel clignote, le bateau retrouve le quai inondé et la ballade se termine à pieds sur les Champs-Elysées...
Peut-être que comme moi vous rêvez de découvrir l'Océanie, si vous n'en rêvez pas encore allez faire un tour sur ce site:
www.nathy.kikooboo.com, une de mes amies parcourt l'Australie depuis plusieurs mois et ses photos valent la peine d'être vues! Allez-y!
Nat, continue de nous faire vivre ton aventure par procuration!! Et comme il faut garder espoir, c'est sur, un jour, je m'envolerai aussi pour l'autre côté de la planète!
En attendant, je glisse quelques-unes de ses photos dans ce message!
Comme tout va trop vite! L'été est déjà terminé...Après trois mois et demi d'absence je retrouverai samedi cette chère Ecosse.
Trois mois et demi à sillonner l'Europe d'Ouest en Est en Ouest. Depuis mes derniers messages j'ai pris la direction d'Ediunburgh en juillet ou plutot de Cherbourg puis Poole puis Londres puis Glasgow puis Edinburgh puis Glasgow puis Inverness puis Ullapool puis Lewis puis Stornoway puis Leverburgh puis Stornoway puis Ullapool puis Inverness puis Glasgow puis Londres puis Porsmouth puis Ouistreham puis Caen où je suis restée une douzaine de jours! C'était...super! Forcément dis comme ça, c'est difficile à imaginer! Mais croyez moi nous avons bravé des tempêtes de vent, de pluie, bronzé, rit, découvert, appris et puis aimé; parce le Royaume-Uni est une légende à lui tout seul! Alors cette colo en Ecosse que j'ai pensé pendant des mois est passée en un rien de temps et à l'heure du bilan: on repart quand?
Ensuite j'ai pris la direction de Poole, mon Dorset que j'aime tant, si riche de souvenirs, de moments, d'envies et d'espoir. Tout vivre à 200% le temps d'une colo, le temps de rien! J'ai enfin réussi, réussi à apprécier, à accepter d'être contente de moi! Le voyage fût heureux, malheureux parfois, fatiguant, éprouvant mais si riche et la région si belle! La dernière, c'était ma dernière fois, on ne m'y reprendra plus! Et pourtant, un petit bout de moi reste à Beacon Hill! Mélancolie envoutante du dernier départ...Poole tu me manqueras! J'ai grandis,appris, évolué, pleuré et rit là bas pendant 3 étés, maintenant c'est terminé! Je suis rentrée en Normandie, puis à Avrigny, après-demain je m'envole ...
Helensburgh I 'm coming back, get ready!!!
De nouveaux projets, de nouvelles envies, des idées neuves et fraîches...je suis partie, en France ou ailleurs, en Ecosse, en Angleterre, sur terre, dans les airs ou sur la mer, fatiguée de balader mon sac mais incapable de le poser alors bon, j'y retourne!
Suivez moi encore...j'ose espèrer que vous ne le regretterez pas!
A cette heure précise je devrais voler vers Barcelone, mais j'ai remis mon départ à demain...trop de choses à faire, vous vous en doutez! Donc, dans tout juste 24h je devrais voler vers Barcelone...
Mais je ne volerai pas. J'ai décidé d'annuler ce voyage. Certes ce n'est pas de gaieté de coeur mais j'ai décidé.
Du stress, de la culpabilité, du travail, de la pression, de la raison peut-être aussi, ont eu raison de moi...Certains diront que ce sont les meilleures raisons pour partir en vacances: se vider de son stress, oublier le travail, laisser retomber la pression...d'autres penseront comme moi que partir en vacances en n'ayant pas la conscience tranquille ne sert à rien, si ce n'est à tout gâcher. Alors pour éviter de tout gâcher j'ai décidé d'annuler.
Sans doute, je l'espère, les promenades dans le jardin, les petits déjeuners tranquille, les discussions avec la famille et tous ces petits moments privilégiés que je ne connais plus, que je ne vis plus que dans la course...Sans doute donc, ce que j'ai à gagné en restant quelques jours au calme ici dans l'Oise, me fera oublier la déception de ce raté. Le 23 juin, je décollerai pour Milan.
Welcome Back! Etre de retour en France apres plus de 2mois d'absence fait du bien meme si ce n'est que pour quelques jours et que ca ne s'est fait pas sans mal...figurez vous que je me suis pris une amende dans le train!! Et oui,pour les TEOZ la reservation est obligatoire, meme si ca n'est ecrit nulle part; que lorsque je suis arrivee en gare de Strasbourg il etait trop tard pour reserver une place et que c'est impossible de le faire sur internet. J ai eu beau expliquer a cette dame de la SNCF que si on reflechissait au sens du mot "reservation" c'etait ridicule de me la faire payer alors que j'etais bien installee dans le train depuis 2heures...mais non! et avec les frais d'emissions a bord, 15euros...
A nous de vous faire preferer le train!
Comme je ne reste jamais très longtemps en place je repars ce soir pour Clinchamps sur Orne, rien de bien grandiose a visiter, si ce n'est le centre 4 saisons ou je vais passer mon week-end...a travailler!! Et oui, Vacances Pour Tous mais pas tout le temps!! A bientot, prochain depart mardi ou mercredi.