J’ai visité des villes qui avaient du caractère, des villes charmantes, des villes où je me suis sentie chez moi, des belles villes, des villes où je me suis sentie mal à l’aise, des villes cachées, des villes animées, des villes moches, des villes historiques, des villes abîmées, des villes que j’ai aimé et d’autres qui m’ont dérangée, des villes modernes, des villes anciennes, des villes froides, des villes chaleureuses, des villes accueillantes, des villes qui m’ont fait détester les villes, des villes ivres, des villes enivrantes, des villes intéressantes, des villes décevantes…Francfort m’a semblé être une ville différente.
Sous le soleil de lundi (et oui, ça existe !), découverte de la capitale Hessienne. La ligne de train longe le Main, s’arrête brusquement pour laisser entrevoir toute la splendeur des immenses buildings brillants. Alors c’est donc ça Francfort ? Ces grattes-ciels miroirs de la cité économique prospère, la bourse et la banque centrale européenne, le siège des grandes entreprises, les magasins de luxes. On marche dans une grande avenue en travaux où les enseignes semblent bizarrement juxtaposées et puis on arrive sur une place, au premier abord, une place quelconque : des arbres qui perdent leur feuillage, un semblant de pelouse, quelques pavés pour prolonger l’esplanade…et lorsque l’on lève la tête, on se sent très petite ! Mon mètre soixante-dix n’a pas d’égal avec ses tours immenses, dont la plus haute (d’Europe) frôle les 260 mètres de haut (à environ 2m par étage, je vous laisse faire le calcul !). Je repense alors à la sensation de vertige et de domination ressentit 3 jours plus tôt lorsque perchée sur le toit de Cologne, à la 509è marche de la cathédrale, j’atteignais les 97 mètres d’altitude… Il y aura sans doute toujours des gens que ces buildings dérangeront, moi je les ai aimés, j’ai aimé marcher la tête en l’air (comme s’ils cachaient un secret tout là haut !), j’ai été fascinée par la prestance de ces constructions ultra-modernes et par l’intelligence urbanistique de cette ville. On continue d’avancer, on passe devant la banque centrale européenne si fière d’arborer son gigantesque « euro » en plastique, évidence, après avoir visité pas mal de grandes cités européennes et avoir discuté avec de nombreuses nationalités de notre récente « citoyenneté européenne », je ne vois pas un autre lieu où on aurait pu installer les finances de notre union. Et puis finalement, au détour d’une rue qui nous a semblé être une impasse perdue, le vieux centre et la fameuse place de Römerberg, secrète, cachée et accueillante, voici les centaines de petits chalets désormais familiers qui s’étalent devant nos yeux, sous l’égide pragmatique de plusieurs richesses architecturales au passé imposant. Tout d’abord le Rahaus (hotel de ville) qui rappelle les bâtisses praguoises malgré la couleur rosée de son grès, ensuite l’église Saint-Nicolas au toit d’ardoises et aux 35 timbres de cloche et puis les sublimes maisons à colombages datant du début du XVIème siècle. C’est ici que furent organisées les toutes premières foires « européennes », plaque tournante des marchands et autres voyageurs depuis que ce (sacré) Charlemagne ait eu (ou se soit approprié) l’idée merveilleuse d’offrir un lieu de rassemblement à tous les marchands ambulants de son empire, à tous ces mercenaires de la culture qui ont dispensés leurs savoirs, leurs fabriques, les spécialités de leur région un peu partout en Europe grâce à ces foires ! Saisissant…Surtout quand on connaît l’importance de la Vallée du Rhin et plus particulièrement de Francfort à la renaissance, berceau des cultures, des mélanges, à mi-chemin entre la renaissance italienne, flamande et française…que d’émotions dans ces lieux chargés de passage, sur ces pavés qui ont vu passer tant de voyageurs à travers les siècles et cette place sans qui l’Europe ne serait peut-être pas ce qu’elle est aujourd’hui ! Le marché de noël était quant à lui très agréable (comme tous), seulement, après la foule de samedi à Cologne, quel plaisir de pouvoir se promener, flâner, prendre son temps et apprécier toute la magie sans être bousculé de toutes parts ! Autre curiosité du centre historique, la Cathédrale St Barthélémy, qui, étrangement n’a jamais été le siège d’un évêché mais doit son « titre » au nombre impressionnant d’empereurs qui y ont été couronnés. Plusieurs édifices ont été construits, reconstruits, démolis, etc., sur ce site mais l’un d’eux a accueillit le concile de 794 puisque qu’un palais carolingien avait été bâtit juste à côté, ensuite en 1562,la « bulle d’or » (acte constituant le St Empire Romain Germanique) décida d’en faire son site privilégié pour les couronnements de 16 des 23 empereurs. Cette cathédrale est sublime de clarté, de lumière. Impressionnant, j’avais souvenir d’autres édifices religieux en grès rose beaucoup plus sombres, mais cet immense ensemble est harmonieux et lumineux.
Voilà donc une petite promenade dans Francfort, j’ai appris que 95% de la ville avait été détruit pendant la seconde guerre mondiale et je pense qu’on ne peut qu’admirer le brio de la reconstruction. Ce séjour en Allemagne se termine, mais restera un bon souvenir de découverte et de mise en image de mes études d’histoire ! La dernière touche à été moins heureuse (cf message suivant) mais le voyage n’en est pas gâché pour autant, je ne connaissais pas bien le pays, je ne parle pas du tout la langue, une sorte de répulsion (sans doute liée à cette langue aux accents sévères, à une image stéréotypée et formatée due à trop de films sur la seconde guerre, etc…)pour cet état semble être présente chez nombre de personnes, ce voyage a remis en cause des préjugés que je pensais ne pas avoir, j’en suis heureuse ! Le fait d’avoir pris le temps, d’avoir avancé sans trop savoir où on allait nous a permis de découvrir quelques coins cachés, quelques particularités, nombreuses richesses et je vous invite tous à monter un jour ou l’autre dans le thalys !
Etapes :
Frankfurt am Main
Offenbach